2020
Présentée au Manoir de Cologny (Suisse), Le ciel de ma mémoire déploie un ensemble de peintures, impressions, installations et vidéo articulé autour d’une géographie intime : celle du lac Léman et du Port de la Belotte.
Pendant plus de quinze ans, Emmanuelle Michaux a parcouru presque quotidiennement ce chemin au bord de l’eau avec son fils. Le lac, les galets et les ciels changeants sont devenus le décor d’une histoire partagée, mais aussi les témoins silencieux du passage du temps. À travers le regard de l’enfant, l’artiste y a retrouvé une relation immédiate au monde, faite d’attention, de présence et d’émerveillement.
L’exposition trouve son origine dans quinze carnets de notes accumulés au fil de ces années. Trois éléments en constituent la trame : le lac, le ciel et les galets. À la fois concrets et symboliques, ils deviennent les repères d’une mémoire en mouvement.
Des feuilles d’argent appliquées sur les œuvres captent et diffractent la lumière, évoquant les reflets instables du lac. Peintures, installations et vidéo composent un espace où les souvenirs n’apparaissent jamais comme des récits achevés, mais comme des traces, des fragments et des réminiscences.
Le paysage n’est pas ici un décor. Il devient un lieu de mémoire, une surface d’inscription où se rejouent les questions de la transmission, de l’absence et de ce qui demeure.
Le titre emprunte un vers de Marcel Proust, « Je contemple souvent le ciel de ma mémoire », et inscrit l’expérience personnelle dans une réflexion plus vaste sur la mémoire comme mouvement, transformation et passage.
Entre reflet et effacement, lumière et altération, Le ciel de ma mémoire interroge ce qui subsiste lorsque le temps transforme les êtres, les lieux et les souvenirs.
Installation et vidéo, formats et supports variables
Manoir de Cologny (Suisse), 1er-11 octobre 2020