Le membre fantôme

2022
Installation

À partir d’une photographie vernaculaire, d’un ours en peluche ancien dont un bras est disloqué, de photographies, de photogrammes, d’encre, de feuille d’or et d’une vidéo, Le membre fantôme explore les formes invisibles de la mémoire et de l’absence.

Le titre emprunte au vocabulaire médical cette sensation éprouvée par certaines personnes amputées qui continuent de sentir un membre disparu. Cette expérience devient ici une métaphore de tout ce qui persiste après la perte : les êtres aimés, les souvenirs, les images ou les objets continuent d’habiter notre présent, comme une présence dont l’absence même demeure perceptible.

Au centre de l’installation, la photographie d’une petite fille anonyme et son ours mutilé semblent se répondre à travers le temps. Autour d’eux gravitent des images, des photogrammes, un papillon épinglé, une vidéo et un poème. Chaque élément constitue un fragment d’un récit qui ne sera jamais entièrement reconstitué.

L’installation ne cherche pas à raconter l’histoire d’Elly, dont seuls le prénom et une date inscrits au dos d’une photographie sont connus. Elle interroge plutôt la manière dont quelques traces suffisent à faire naître une fiction, à convoquer une mémoire et à rendre présente une existence disparue.

Comme dans plusieurs œuvres d’Emmanuelle Michaux, les images vernaculaires deviennent le point de départ d’une réflexion sur la survivance. Entre photographie, texte, objet et image en mouvement, Le membre fantôme compose un espace où le visiteur est invité à faire lui-même l’expérience de cette présence invisible qui persiste au cœur de l’absence.

Installation composée d’impressions photographiques et de photogrammes sur papier Canson, encre, feuille d’or, ours ancien, photographie vernaculaire, vidéo et poème.

Exposition collective
Art Now Projects, Carouge (Genève), 5 novembre-24 décembre 2022

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