Dehors, il y a…

2002

Présentée un an après la réalisation du film Dehors, il y a…, cette installation transpose le récit dans l’espace d’exposition et invite le spectateur à franchir le seuil de l’image.

Le décor de la pièce où la jeune captive vit enfermée est reconstruit sous une forme volontairement fragmentaire. Au centre de l’espace, les meubles et les objets du film sont rassemblés et ficelés, comme prêts pour un départ qui n’aurait jamais eu lieu. Dans un angle, le téléviseur diffusant le film occupe la place qu’il tenait déjà dans la fiction. Face à lui, le fauteuil du ravisseur devient celui du visiteur.

En pénétrant dans le décor, le spectateur quitte la position habituelle du regardeur. L’espace du film devient un espace réel, tandis que les frontières entre fiction et réalité se déplacent.

Réduite à deux murs et une porte largement ouverte sur l’extérieur, la pièce évoque un enfermement dont les limites ne sont plus matérielles mais intérieures. Inspirée d’un fait divers où la jeune femme séquestrée n’osait plus franchir une porte pourtant laissée ouverte depuis longtemps, l’installation interroge moins la captivité physique que la difficulté de quitter l’espace où l’on a appris à vivre.

Avec Dehors, il y a…, Emmanuelle Michaux engage une réflexion qu’elle poursuivra dans plusieurs installations : faire sortir le cinéma de la salle de projection et transformer le spectateur en acteur de sa propre expérience du film.

Installation

Exposition
Panorama 3, Salon du Prototype
Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains, 2002
Commissaire : Christophe Kihm

Presse
Philippe Dagen, Le Monde, « Au Salon des prototypes, l’alliance heureuse des corps et des images », 2002

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