Vamizi

2013

En 2013, sur l’île de Vamizi, au large du Mozambique, Emmanuelle Michaux photographie des bois flottés échoués sur le sable.

Blanchis par le soleil et sculptés par la mer, ces fragments d’arbres dessinent des formes organiques, parfois semblables à des ossements. Leurs lignes, leurs creux et leurs ombres composent un paysage où la matière semble conserver la mémoire de ce qu’elle a été.

Le travail photographique en noir et blanc, poussé vers une extrême luminosité, accentue cette impression d’effacement. Les formes semblent se dissoudre dans la blancheur du sable, tandis que les nervures du bois et les ombres se réduisent à des lignes, comme autant de dessins tracés sur le papier. À la frontière de la photographie et du dessin, les images oscillent entre apparition et disparition.

En septembre 2020, l’île de Vamizi est ravagée par des attaques de groupes djihadistes. Des habitations sont incendiées, des habitants tués ou contraints de fuir.

Ces photographies, réalisées sept ans auparavant, prennent aujourd’hui une autre dimension. À travers ces bois abandonnés sur le rivage, elles conservent malgré elles la mémoire d’un lieu désormais marqué par la violence et la disparition.

Série de 25 photographies
Impressions pigmentaires sur papier Canson

Dimensions variables

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