Trois secondes et deux images

2012-2015

Cette série marque le début du travail d’Emmanuelle Michaux autour des films amateurs anciens et de l’immobilisation du temps cinématographique.

À partir d’un film tourné à seize images par seconde, l’artiste extrait cinquante photogrammes consécutifs, soit exactement trois secondes et deux images. Arrachées au mouvement, ces images sont disposées sur une toile recouverte d’une matière noire épaisse qui les isole les unes des autres tout en révélant leur continuité.

En interrompant le défilement du film, Emmanuelle Michaux transforme le cinéma en une succession de photographies. Le temps, habituellement emporté par le mouvement, devient visible dans sa fragmentation. Les infimes variations entre les photogrammes, les répétitions, les intervalles et les absences composent un autre récit, silencieux, où chaque image apparaît comme une présence autonome.

À travers cette suspension du flux cinématographique, l’œuvre interroge la nature même de l’image et révèle ce que le cinéma laisse habituellement invisible : le noir entre les images, les vides de l’enregistrement, la coexistence de la présence et de la disparition.

Cette série constitue le point de départ d’une recherche que l’artiste développera ensuite dans ses œuvres photographiques, ses vidéos et ses installations à partir d’archives filmiques anonymes.

Série de trente pièces uniques
Collage de photogrammes de films amateurs imprimés sur papier et acrylique sur toile
120 × 80 cm

artgenève, Galerie Patrick Gutknecht, Genève, 2016

Galerie Patrick Gutknecht, Paris, 7 octobre-9 novembre 2017

  • PrécédentEt la lumière fut

  • SuivantL’homme au chapeau