Les aveugles

2018

Cette œuvre prend pour point de départ une séquence extraite d’un film amateur tourné à Nice dans les années 1930.

Une petite fille puis un homme avancent les yeux bandés dans un parc. Ils semblent jouer à colin-maillard sous le regard du filmeur. De leur identité, de leur histoire et de leur relation, rien n’est connu.

Reste cet instant suspendu, sauvé du temps : deux figures privées de la vue, dont la présence n’est pas sans évoquer La Parabole des aveugles de Pieter Brueghel l’Ancien. Arrêtés pour toujours dans le mouvement du film, ils deviennent les témoins silencieux d’un récit dont les contours se sont effacés.

Autour de ces photogrammes, une encre et un texte prolongent la réflexion sur l’archive et la mémoire. L’encre apparaît comme une forme indécise, à la fois œil, tache ou apparition. Le texte accompagne les images sans chercher à résoudre leur énigme et introduit une dimension plus intime :

« Souvent je les regardais, consciente que moi aussi j’avançais aveugle, les bras tendus. »

Entre photographie, écriture et dessin, Les aveugles s’offre comme un travail d’archivage poétique où la mémoire individuelle rejoint une interrogation plus vaste sur la disparition, la transmission et la fragilité de toute existence.

Composition de six éléments : quatre photogrammes issus d’un film amateur imprimés sur papier Canson (29,7×42 cm), une encre sur papier (24×30 cm) et un texte en prose (29,7×42 cm).

La Pharmacie – Espace culturel de l’Hôpital de Tonnerre, 17 novembre 2018-31 janvier 2019

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